Hypnose médicale : principes et utilités

Formation hypnose pour les médecins

La médecine, de tous temps, ne s’est jamais contentée de fournir des remèdes aux patients. Accueillir et soigner sont, en réalité, des termes inséparables dont l’essence est similaire et se rapporte au fait de « prendre soin de ». Le soulagement moral apporté par un médecin, guérisseur, accompagnant ou tout autre terme utilisé au cours de l’Histoire, est finalement aussi important que l’acte médical en lui-même. Des récits homériques ou bibliques aux traditions rabbiniques ou asiatiques, l’accueil et les égards réservés au patient concourent partout dans le monde, à sa pleine guérison. 

Faire appel aux mots pour soigner des maux constitue encore aujourd’hui une approche qui prend tout son sens, lorsque la médecine s’inquiète autant des causes psychiques que physiques des douleurs qu’elle entend soulager, et cherche par ailleurs à limiter l’impact ressenti de son action. Rassurer un patient, réduire le choc émotionnel d’un diagnostic voire même, fournir des clés orales pour améliorer son état, font partie intégrante des préoccupations d’un bon soignant. 

Eléments de définition de l’hypnose médicale

L’hypnose, dans ce cadre, a des atouts à faire valoir en tant qu’outil à la disposition des médecins, infirmiers, dentistes et autres professionnels du corps médical. Elle est d’ailleurs parfois utilisée de fait, sans en avoir conscience, lorsqu’un discours prononcé lentement apaise les craintes d’un patient par exemple, et influe ainsi sur sa subjectivité en orientant différemment son mécanisme de pensée. 

L’hypnose médicale est une technique ancienne, mais sa place au sein des cabinets médicaux et des hôpitaux ne cesse de se structurer et de gagner en clarté – notamment grâce aux formations de qualité aujourd’hui dispensées. En l’utilisant en toute conscience et pour des buts prédéfinis, son efficacité est décuplée et ses applications, multiples. Revenons sur les grands principes régissant l’hypnose médicale, et la manière dont elle peut faire partie du quotidien des soignants.

Pour mieux comprendre ce qu’est l’hypnose médicale, il conviendra d’apporter certaines précisions sur son champ d’intervention, avant d’aborder la question des process qu’elle met en place. 

Une hypnose à (seule) vocation médicale

En premier lieu et il semble essentiel de le préciser, nous parlerons ici d’hypnose médicale, issue de recherches cognitives poussées et documentées, visant à encourager une personne à choisir elle-même de mieux vivre certaines situations. Il n’est en aucun cas question de l’hypnose de spectacle vantée pour flouer la perception des évènements d’une personne, dont l’efficacité n’est pas toujours effective et les aboutissants, douteux. 

De la même manière, l’hypnose médicale est à distinguer de l’hypnose d’accompagnement : le but de l’hypnose médicale est lié à des objectifs de soins réalisé dans un contexte médical, la ou l’hypnose d’accompagnement pourra permettre au patient d’évoluer sur des sujets non médicaux. A ce titre, elle concernera surtout les médecins, les dentistes, orthodontistes, chirurgiens oro-faciaux ou encore sage-femmes. 

 » Grâce aux nombreuses recherches cognitives menées, la science a permis la mise au point de protocoles efficaces pour la plupart des patients. L’hypnoanalgésie notamment, a fait l’objet d’un grand nombre de recherches, et d’avancées régulières ; elle ne représente cependant qu’une application possible parmi d’autres. « 

Le principe de base de l’hypnose

Il est le même pour tous les types d’hypnoses, en tant que recherche d’un état altéré de conscience. Pour adopter une définition globale, l’hypnose peut être définie comme l’ensemble des techniques et processus capables d’altérer la subjectivité d’un individu de manière temporaire (lors d’un besoin spécifique à un moment donné: comme l’hypnoanalgésie) ou pérenne (pour des changements durables de perception ou de comportement, en lien avec une thématique précise). L’hypnose est constituée d’un ensemble de techniques permettant d’induire différents états de conscience,  et chacun de ces états peut être utilisé lié à un objectif de soin spécifique.

Il est utile de préciser que nous vivons tous, fréquemment, des états de conscience modifiés et qu’il s’agit d’un processus tout à fait naturel : la rêverie, l’absorption ou la contemplation sortent du champ de l’éveil classique et constituent à ce titre des états “hypnotiques” légers  pourrait-on dire, le plus souvent involontaires. La résistance à l’hypnose n’existe pas réellement car elle est une réalité nécessaire à la vie de chaque être humain : si l’hypnotiseur n’obtient pas le résultat désiré, c’est qu’il emploie une technique qui n’est pas adaptée à la personne ciblée. 

L’état hypnotique, en transcendant nos schémas de fonctionnement et croyances qui guident nos pensées (et manières de penser) quotidiennes, permet alors un recul utile à des prises de conscience, des changements de comportement ou de perception de certaines choses. Loin de nous rendre plus vulnérables comme d’aucuns aiment à le penser, l’état hypnotique renforce le plus souvent la disponibilité d’une personne, permet d’affiner la compréhension intérieure et donc, donne des clés pour transformer l’élan psychique ou émotionnel en actes concrets.

L’utilisation de l’hypnose dans la sphère médicale

L’accompagnement par l’hypnose se démocratise au sein des structures médicales modernes, en vue de compléter les traitements plus classiques, d’aider à la réalisation d’actes médicaux ou de se substituer à certaines substances aidantes. Précisons que pratiquer l’hypnose n’est pas un acte médical en soi : le soignant va plutôt se servir de l’état généré pour induire des effets utiles dans le cadre d’une pratique médicale. 

Dans l’ensemble de nos propos, il s’agira toujours d’hypnose moderne d’inspiration « ericksonienne », lié aux travaux menés par le Docteur Milton Erickson. A l’inverse de l’hypnose parfois pratiquée à but de contrôle sur le sujet, l’hypnose ericksonienne est absolument douce et permissive, centrée sur le patient et ses besoins. Les suggestions employées seront alors plutôt indirectes que directes afin de contourner les résistances. Pour illustrer ce propos, on peut facilement se figurer que dire à un patient : « Selon-vous, que se passera-t-il en continuant à solliciter votre articulation fragilisée lors de votre activité sportive quotidienne ? » lui permettra de suivre son cheminement de pensée, et ne l’encouragera pas à se placer en opposition à une suggestion plus directe comme « Cessez votre footing du matin ». 

Les applications médicales sont toutes issues de cette forme d’hypnose, en vue d’encourager le patient à créer l’état second, et à utiliser ses propres ressources vers une solution de réduction du stress, analgésique, ou tout autre but recherché. 

Grâce aux nombreuses recherches cognitives menées, la science a permis la mise au point de protocoles efficaces pour la plupart des patients. L’hypnoanalgésie notamment, a fait l’objet d’un grand nombre de recherches, et d’avancées régulières  ; elle ne représente cependant qu’une application possible parmi d’autres.

Précisons enfin que les mécanismes de l’hypnose médicale sont déclinables vers d’autres disciplines. C’est ainsi que le milieu du coaching, de l’accompagnement psychologique, du sport ou de la création artistique (compositeurs, peintres, auteurs…)  plébiscitent également ses bienfaits. 

Dans l’ensemble de nos propos, il s’agira toujours d’hypnose moderne d’inspiration « ericksonienne », lié aux travaux menés par le Docteur Milton Erickson. A l’inverse de l’hypnose parfois pratiquée à but de contrôle sur le sujet, l’hypnose ericksonienne est absolument douce et permissive, centrée sur le patient et ses besoins. Les suggestions employées seront alors plutôt indirectes que directes afin de contourner les résistances. Pour illustrer ce propos, on peut facilement se figurer que dire à un patient : « Selon-vous, que se passera-t-il en continuant à solliciter votre articulation fragilisée lors de votre activité sportive quotidienne ? » lui permettra de suivre son cheminement de pensée, et ne l’encouragera pas à se placer en opposition à une suggestion plus directe comme « Cessez votre footing du matin ». 

Les applications médicales sont toutes issues de cette forme d’hypnose, en vue d’encourager le patient à créer l’état second, et à utiliser ses propres ressources vers une solution de réduction du stress, analgésique, ou tout autre but recherché. 

Grâce aux nombreuses recherches cognitives menées, la science a permis la mise au point de protocoles efficaces pour la plupart des patients. L’hypno-analgésie notamment, a fait l’objet d’un grand nombre de recherches, et d’avancées régulières  ; elle ne représente cependant qu’une application possible parmi d’autres.

Précisons enfin que les mécanismes de l’hypnose médicale sont déclinables vers d’autres disciplines. C’est ainsi que le milieu du coaching, de l’accompagnement psychologique, du sport ou de la création artistique (compositeurs, peintres, auteurs…)  plébiscitent également ses bienfaits. 

Eléments de compréhension du fonctionnement de l’hypnose médicale

Un praticien en hypnose va inférer par son action dans le fonctionnement normal du patient, dans le but de modifier sa perception de la réalité, sa subjectivité, afin de permettre un ressenti différent de la situation. 

Le praticien visera à modifier des processus cognitifs ayant des conséquences : 

  • Émotionnelles : comment le patient a-t-il l’habitude de vivre la douleur ? Y est-il sensible et à quoi renvoie-t-elle pour lui ? S’il la vit de manière problématique, une action hypnotique peut être engagée afin d’induire le fait que la douleur ressentie est faible, ou détachée du patient. L’acte médical lui deviendra naturellement moins pénible.  

Un dentiste par exemple, va apprécier grâce à un questionnement anodin, ce que vit et ressent son patient. Il pourra alors tenter d’anticiper le stress d’une personne paniquée par une action spécifique. Il en va de même pour une personne non stressée mais qui ressent fortement la douleur sur le fauteuil. Le praticien pourra détourner l’esprit de son patient de la sensation de douleur. 

  • Comportementales : si le patient adopte une attitude nuisible à l’acte médical, comme la panique ou l’agressivité à la suite d’une prescription ne lui convenant pas, le soignant pourra apaiser la personne grâce à l’hypnose, sans que celle-ci ne s’en aperçoive et l’aider à se centrer sur ce qui est profitable pour elle. 

Par ailleurs et toujours dans la thématique du comportement, un soignant peut aider un patient à réduire un comportement addictif gênant pour l’acte médical ou sa santé à long terme. 

  • Relationnelles : enfin, il est également question d’améliorer sensiblement la relation entre le patient et le soignant. Lors d’un acte médical quel qu’il soit, un patient confie la résolution de son problème de santé au soignant : il est essentiel que la confiance règne. L’hypnose pourra dès lors servir à rassurer une personne, par l’établissement d’un relationnel fluide et efficace. Cela s’avèrera particulièrement utile en cas d’annonce de diagnostic difficile, ou permettra de mieux faire accepter un traitement recommandé.

Ajoutons que la relation de confiance qui perdure, encourage le patient à suivre la prescription médicale une fois rentré chez lui et à œuvrer positivement pour sa santé. En ce sens, l’hypnose peut ainsi induire la vision de la prescription médicale en tant que meilleure solution à suivre, plutôt que de la laisser voir comme une contrainte. 

Comment appliquer l’hypnose dans le milieu médical ?

L’avantage de l’hypnose médicale est qu’elle ne nécessite aucune phase préalable de préparation ou de mise en condition. Un soignant ne perdra donc aucune précieuse minute à mettre en place un protocole. En réalité, il s’agira simplement d’adapter son discours au but visé, en fonction de ce qui aura été perçu chez le patient et grâce à l’observation ou à quelques questions anodines : stress ou anxiété, sensibilité à la douleur, habitudes de vie peuvent ainsi faire l’objet d’un traitement complémentaire à l’acte médical, sans besoin de prévenir le patient. Une fois encore, l’impact psychologique rassurant d’un soignant sur son patient est essentiel.

Un médecin, un dentiste ou une sage-femme souhaitant appliquer l’hypnose pourra donc, après s’être formé aux diverses techniques, procéder en 3 phases : 

  • Poser un “diagnostic hypnotique” durant les premières minutes de l’entretien,
  • Décider des techniques verbales à utiliser,
  • Gérer le rendez-vous de la bonne manière, en accompagnant l’acte médical du discours approprié. 

Loin de coûter en temps, l’hypnose sert bien souvent à écourter les rendez-vous, par l’efficacité accrue qu’elle confère à l’acte médical : un dentiste pourra agir plus rapidement si la personne sur le fauteuil est sereine et sans douleur, un médecin aura moins à faire pour discuter du bien-fondé du traitement qu’il prescrit, etc.

Précisons que l’hypnose médicale n’est, pour l’heure, pas autorisée pour les soignants paramédicaux. Ils peuvent toutefois recourir à l’hypnose sous la supervision d’un professionnel. 

L’importance de la formation

En soi, la technique de l’hypnose peut s’apprendre rapidement. Cependant, elle est ensuite amenée être appliquée dans des situations diverses, auprès de patients uniques : il est nécessaire de se préparer à de multiples situations, dépassant parfois les applications initialement prévues. Un soignant a donc tout intérêt à se former suffisamment pour devenir autonome sur la modification d’un protocole ou la gestion d’une situation délicate. 

Il est en outre indispensable d’avoir un recul suffisant sur une situation donnée, afin de ne pas utiliser l’hypnose à mauvais escient. Si les applications de l’hypnose peuvent être légères, comme alléger la douleur lors de l’arrachage d’une dent, d’autres situations requièrent un arbitrage fin avant de décider d’intervenir. La douleur n’est pas toujours une mauvaise chose, lorsqu’elle constitue un signal utile pour préserver le patient. Par exemple, une douleur persistante au genou conduira une personne à faire attention, à ne pas effectuer d’efforts ou de mouvements nuisibles à l’articulation. Un soignant supprimant soudain la perception de cette douleur fera pire que mieux : le patient libéré forcera sur l’articulation, qui pourra alors casser. 

Formation en Hypnose médicale chez Hypnomedic, pour les professionnels de santé

Un ensemble de techniques peuvent être apprises pour aider au mieux les patients. Les suggestions indirectes que nous évoquions plus avant peuvent être dispensées de plusieurs manières, en fonction de la situation : 

  • Par saupoudrage, en vue d’insister sur certaines idées au sein d’un discours ;
  • Par la négation, que l’inconscient ne reconnaît pas et qui peut s’avérer utile pour induire une réaction positive chez une personne bloquée ;
  • Par évocation en vue de concentrer une personne sur un état, par un discours favorisant l’écoute active ;
  • Par présuppositions, en donnant un choix évident mais que la personne aura l’impression de faire elle-même et donc, l’acceptera ;
  • Par confusion, en utilisant l’augmentation de suggestibilité lors d’un état confus. 

Utiliser l’une ou l’autre de ces techniques demande de bien les connaître, d’en avoir l’expérience et un recul suffisant. En clair, pratiquer l’hypnose médicale, c’est avant tout suivre une formation complète et reconnue, pour appréhender tous les mécanismes et bons réflexes à adopter avant de la mettre en pratique. 

Puis, ainsi que l’affirmait Milton Erickson, « faites confiance à votre inconscient, cet immense magasin de solutions » !

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