Hypnose médicale : 6 applications pratiques pour les soignants

Le contexte médical est le plus souvent facteur d’inconfort pour les patients, par crainte du diagnostic ou de l’acte médical qu’ils s’apprêtent à subir. L’annonce de la nécessité d’une opération chirurgicale ou d’un traitement lourd, ainsi que la réalisation d’interventions techniques, induisent une relation soignant – patient particulièrement intense : gagner la confiance de l’être humain qui lui fait face, trouver une manière de le rassurer et soulager l’inconfort du moment sont autant de défis que le médecin, le dentiste, l’anesthésiste ou encore la sage-femme gagneront à relever. 

En cabinet comme à l’hôpital, les personnels soignants en recherche de solutions apaisantes trouveront en l’hypnose médicale  un outil simple et rapide à appliquer, dont les bienfaits aideront à leur pratique et pourront même apporter un meilleur confort de vie au patient, ultérieurement à la consultation. Il pourra notamment être question d’agir durablement sur la réduction des addictions ou celle du stress lié à la sphère médicale. 

Plusieurs applications permises par l’hypnose peuvent être visées par un soignant lors du moment privilégié qu’il partage avec son patient. Balayons ici les principales, pour fournir des clés concrètes d’utilisation lors d’un acte médical. 

En cabinet comme à l’hôpital, les personnels soignants en recherche de solutions apaisantes trouveront en l’hypnose médicale un outil simple et rapide à appliquer, dont les bienfaits aideront à leur pratique et pourront même apporter un meilleur confort de vie au patient, ultérieurement à la consultation. Il pourra notamment être question d’agir durablement sur la réduction des addictions ou celle du stress lié à la sphère médicale.

Plusieurs applications permises par l’hypnose peuvent être visées par un soignant lors du moment privilégié qu’il partage avec son patient. Balayons ici les principales, pour fournir des clés concrètes d’utilisation lors d’un acte médical.

#1 Soulager la douleur

L’hypnose, ou plutôt l’état hypnotique, offre la possibilité d’une altération de la perception effective de la réalité. Un soignant s’apprêtant à réaliser un acte médical potentiellement douloureux comme une extraction dentaire ou une simple piqûre, peut agir en amont grâce à la parole, en vue de libérer le patient de la sensation de douleur ressentie. 

Il s’agira ici d’une modification de la perception momentanée de l’acte médical, pour contrer une douleur aiguë, ou même une douleur “imaginaire” liée aux peurs et aux représentations du patient . S’il s’agit d’une douleur chronique comme le mal de dos persistant par exemple, il conviendra de se montrer prudent quant à sa résolution : l’hypnose ne sera pas forcément la meilleure solution, si la cause de la douleur n’est pas traitée. En l’absence de douleur perçue, le patient pourrait alors nuire à sa propre santé, par la réalisation de gestes nocifs dont la douleur le préservait auparavant. 

Une fois ce point considéré et s’il s’agit bien d’une douleur à contrer, le soignant peut mettre en place un protocole hypnotique. Celui-ci pourra comprendre différentes actions visant à modifier la perception du corps ou l’impact émotionnel de la douleur, à dominante d’hypnosédation ou d’hypnoanalgésie.

Le patient pourra alors ne plus ressentir la douleur provoquée, la ressentir de manière réduite ou encore, la ressentir mais n’y accorder aucune importance émotionnelle. Car contrairement à ce que d’aucuns pourraient penser, la composante majeure de la douleur est bien souvent émotionnelle, et non uniquement  liée à la nociception.

Précisons enfin qu’il sera toujours nécessaire de calibrer l’intervention hypnotique à la personne qui nous fait face. Si le patient ressent une douleur permanente suscitant une forte réaction émotionnelle, une action calmante sera appliquée. S’il s’agit plutôt d’une douleur temporaire ou trop importante, la perception de cette douleur pourra être modifiée.

#2 Réduire l’anxiété du patient

A l’inverse de la douleur, il est toujours utile de réduire l’anxiété, qui impacte le système sympathique par l’accélération du rythme cardiaque et de la respiration, voire d’autres symptômes désagréables et potentiellement nuisibles à la santé globale sur le long terme. 

Il convient ici de distinguer, d’une part, une personne anxieuse d’une situation particulière et connue : un stress à l’occasion d’une consultation ou face à un interrogatoire médical notamment. Il peut également s’agir d’une angoisse liée au résultat de l’acte médical pratiqué, au manque de contrôle sur son efficacité. 

Dans ce cas de figure, le stress ressenti est « normal », dans le sens où l’on comprend son apparition et l’on identifie sa cause. L’objet de la peur est précis, concret, et c’est justement ce qui va permettre au soignant d’influer sur la perception que le patient en a. L’idée sera alors d’essayer de diminuer la réaction de stress en jouant sur la réaction nerveuse, physiologique, de la personne. Par les mots, le praticien peut aider une personne à réguler une réaction physiologique liée au stress : son cerveau va changer de perception et envoyer, par réaction, un signal différent et plus apaisé.

D’autre part, un patient peut se montrer anxieux de nature. Le soignant pourra alors chercher à réguler l’émotionnel lié à un vécu anxieux chronique, pour améliorer son ressenti global et pas seulement médical. L’idée est de jouer sur la même réaction physiologique que précédemment, mais en utilisant des techniques plus complexes. Après la réalisation d’un diagnostic visant à comprendre la structure anxieuse de la personne, une stratégie hypnotique pourra être décidée et mise en œuvre. Dans ce cadre, un praticien n’agira en hypnose que s’il estime sa perception suffisamment claire et complète, au risque d’obtenir un résultat contraire à celui désiré.

#3 Annoncer un diagnostic difficile

Dans le milieu médical, la découverte de pathologies parfois graves conduit régulièrement les soignants à relever un défi de taille : annoncer de la meilleure manière possible, une nouvelle assurément choquante et permettre au patient comme à son entourage, de l’accepter. L’annonce s’accompagne généralement d’une suite pas plus facile à digérer et souvent synonyme de changement de vie : durée de vie restante, traitement lourd ou changement d’habitudes à opérer. 

Pour faciliter le processus d’acceptation et absorber le choc, l’hypnose a un rôle à jouer dans le but de réduire le stress émotionnel et faciliter ainsi le passage du cap. Elle pourra par ailleurs être utilisée afin de réduire l’anxiété en amont d’un diagnostic difficile comme le cancer. Dès le soupçon établi, le soignant pourra mettre en place une stratégie hypnotique pour faciliter la phase d’investigation, notamment la biopsie. 

On utilise généralement une hypnose dite “conversationnelle” dans ce type de cas : il ne s’agit pas d’une hypnose formelle, le patient conserve les yeux ouverts et ne se sent pas forcément hypnotisé. Ce sont les outils de communication utilisés par le médecin qui vont, de façon très douce, créer un état permettant au patient d’entendre – afin d’éviter le déni – tout en étant dans un état calme et lucide. 

#4 Favoriser l’observance

Elle est une clé sans laquelle un soignant ne peut efficacement parvenir à guérir ses patients. L’observance – définie comme le degré de concordance entre le comportement d’un individu en termes de prise médicamenteuse, de suivi clinique et biologique, de respect du régime ou de changement de style de vie et la prescription médicale – mérite une attention toute particulière de la part du soignant, et l’hypnose constitue en ce sens un outil précieux. 

Nombreux sont les cas de figure, où la non-observance thérapeutique pénalise réellement un patient, une fois sorti de sa consultation avec des recommandations. Par exemple : 

  • La santé d’un fumeur souffrant de troubles pulmonaires pourra exiger pour se maintenir, un arrêt du tabac. Dans les faits, ce ne sera pas toujours une recommandation suivie.
  • Une personne peu habituée à prendre des médicaments, pourra omettre de les prendre régulièrement : s’ils sont essentiels à son rétablissement, les conséquences peuvent être gravissimes.
  • Un patient peut également se montrer réfractaire au suivi de la prescription, soit car il ne croit pas en l’efficacité du traitement prescrit, soit car il rechigne à modifier ses habitudes.
  • Enfin, une prescription stressante pourra faire l’objet d’un refus d’obtempérer : suivi médical imposant des consultations régulières mais qui stressent le patient, médicament aux possibles effets secondaires gênants, etc.

Dans l’ensemble de ces cas de figure, l’hypnose intervient pour modifier la perception du patient et favoriser la compliance. Il pourra s’agir de minimiser la perception des contraintes liées à l’indication thérapeutique, de projeter le patient dans l’avenir si le traitement est persistant, de lui faire prendre conscience plus clairement des bienfaits de la prescription ou encore, de normaliser dans sa perception, la prise d’un traitement. Comme exemple typique, nous pouvons citer la prise quotidienne d’insuline pour les personnes diabétiques : elle pourra donner lieu à un traitement hypnotique pour rendre plus acceptable le traitement à vie, et en vue de réduire l’appréhension liée à la piqûre.

Dans de nombreux cas, ces applications que nous séparons ici pour les expliquer sont utilisées conjointement : dans le cas d’une rééducation par exemple, la douleur peut freiner l’investissement du patient, on peut alors à la fois travailler sur la diminution de la perception de la douleur, tout en générant un niveau élevé de motivation et d’implication chez le patient.  

En résumé, l’hypnose concourra dans ce cadre à faire du patient un acteur motivé et satisfait de son parcours de soin.

#5 Accroître le bien-être du patienté

Au-delà de la réalisation d’actes médicaux à proprement parler, un soignant, par sa vocation, souhaite maximiser le bien-être de ses patients, pour tout ce qui a trait à sa santé et durant les consultations. L’hypnose a, de nouveau, plusieurs utilités ici. 

Créer un rapport de confiance

Faire confiance à la personne à laquelle on confie notre santé, c’est essentiel. Pour autant et sauf exception, nous ne passons que de brefs moments avec les professionnels de santé, qui ne sont pas nécessairement axés sur un échange encourageant à la confiance. Grâce à l’hypnose, un soignant pourra amener un patient à améliorer son opinion le concernant, par un discours rassurant. 

Il ne s’agit pas ici d’hypnose formelle, mais plutôt conversationnelle : le dialogue sera optimisé pour que chaque mot et chaque phrase puisse inférer dans des mécanismes conscients et inconscients. De l’accueil au soin, en passant par le diagnostic, l’ensemble du parcours de soin pourra devenir plus fluide. 

Créer un sentiment de confort et de sécurité

Au sein du cabinet ou de l’hôpital en général, et concernant les actes médicaux plus particulièrement, l’hypnose peut permettre de réduire l’anxiété ressentie, pour une amélioration significative du sentiment de sécurité. A l’instar de la réduction de la douleur ressentie lors d’une action hypnotique à vocation analgésique, le passage du patient au sein de la structure médicale n’en sera que plus confortable et bien moins empreinte de stress – angoisse qui peut devenir gênante pour la suite du parcours de soin.

Communiquer plus efficacement

Enfin, l’hypnose pourra faciliter la compréhension entre le soignant et son patient, en s’adressant directement à l’esprit de la personne, sans passer par ses filtres de méfiance notamment. Un patient assimilant mieux les informations qui lui sont transmises pourra se montrer plus rapidement coopératif, suivre plus facilement les prescriptions dont l’intérêt aura été révélé et finalement, œuvrer au mieux pour sa santé.

#6 Utiliser l’autohypnose

L’état hypnotique est un état totalement naturel dans lequel nous entrons plusieurs fois par jour spontanément, sans même le savoir ou au mieux, après coup. On l’expérimente, par exemple, lorsque nous effectuons un trajet en voiture sans avoir réfléchi à la route à prendre. Autant dire qu’il est possible de se mettre soi-même en état d’hypnose, et que cela ne représente aucun danger : c’est même un état qui nous est nécessaire. 

Un soignant formé à l’hypnose, a tout intérêt à utiliser sa compétence pour prendre soin de lui : en agissant contre les chocs émotionnels liés à sa profession et susceptibles de l’atteindre durablement (comme le décès d’un patient), en régulant ses propres émotions, en se détachant du travail pour mieux se reposer et être plus disponible le lendemain, etc. Tout cela est possible avec une utilisation de l’hypnose de quelques minutes seulement, lorsque le praticien en ressent le besoin. 

Il peut aussi enseigner l’autohypnose à son patient : après lui avoir fait connaître une première expérience d’hypnose, des exercices simples permettent de retrouver cet état. Un patient peut s’en servir pour apaiser une douleur chronique, apprendre à mieux se reposer ou encore à renouveler sa motivation. 

Quelques mots sur la mise en œuvre

Pour terminer, précisons qu’utiliser l’hypnose dans le cadre d’une pratique médicale n’est ni chronophage, ni envahissant. 

Comment se traduit l’utilisation de l’hypnose au sein de la structure médicale ?

Un soignant pratiquant l’hypnose n’aura pas à véritablement modifier son approche médicale. C’est plutôt le relationnel présent autour qui sera mieux appréhendé et fera l’objet d’une attention particulière. 

Loin de constituer une perte de temps, l’hypnose peut permettre d’accélérer la résolution positive d’une consultation, en permettant au patient de mieux comprendre l’acte décidé et de se plier à la bonne attitude en toute confiance. Le contrôle hypnotique signifiera simplement que le soignant est conscient des émotions ressenties par son patient et sera en mesure de l’aider à les réguler. 

Finalement, l’hypnose vise à remettre l’humain au cœur de l’acte médical, et de porter aux composantes humaines autres que physiques (la psyché, les émotions) l’attention qu’elles méritent et de favoriser ainsi leur coopération.  

Y’a-t-il des risques ?

Comme nous l’évoquions précédemment, l’hypnose est un état naturel, induit par le patient et qui ne présente par nature, aucun danger pour lui. Si l’hypnose peut rendre une personne plus calme et sereine, ou à l’inverse plus dynamique, il n’est absolument pas question de lui faire réaliser des actes contre sa volonté ou de lui adresser une quelconque demande différente de l’acte médical habituel. 

Le seul risque pris par le patient, est de se soigner sans ressentir les effets désagréables liés à sa guérison. L’apprentissage de l’hypnose inclut la mise en place d’un cadre éthique et sécurisant pour le patient. 

Se former régulièrement : une démarche indispensable

Si l’hypnose ne présente pas de danger particulier, il convient malgré tout d’utiliser les bonnes techniques au bon moment, pour maximiser les bénéfices retirés. A ce titre, l’équipe formée à l’hypnose doit non seulement maîtriser les outils de communication hypnotiques, mais également comprendre les enjeux systémiques. 

Pratiquer l’hypnose médicale ne s’improvise pas, et requiert de suivre des formations à l’application des techniques comme à la manière d’appréhender les diverses situations pouvant se présenter. 

Une formation efficace présentera certaines caractéristiques :

  • Pragmatique, en permettant d’appliquer concrètement les techniques acquises ;
  • Scientifique, en transmettant de vraies données et un contenu pédagogique basé sur des études cognitives poussées ;
  • Ethique, fournira un cadre clair pour la pratique de l’hypnose et une utilisation saine et efficace. 

Si en tant que soignant, l’hypnose ne fait pas encore partie de votre palette de compétences utilisées au quotidien, vous aurez sûrement trouvé en nous lisant, toutes les raisons d’y penser : faciliter votre travail et vous apporter en sus un moyen d’améliorer l’expérience médicale de vos patients et ce, sans contrainte particulière. 

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